Le basket 3×3 continue de gagner du terrain à Marseille. Depuis 2022, la Ville développe son plan « Playground », destiné à créer ou rénover des terrains extérieurs et à favoriser une pratique plus libre du basketball dans différents quartiers.
Une politique bienvenue dans une ville où trouver un terrain extérieur de qualité n’a pas toujours été évident. Mais derrière la multiplication des nouveaux playgrounds, une question se pose : ces équipements sont-ils réellement accessibles librement aux basketteurs marseillais ?
Car sur plusieurs sites, la réalité est plus nuancée.
Lancé en 2022 à travers une convention entre la Ville de Marseille et la Fédération Française de BasketBall, le plan « Playground » poursuit plusieurs objectifs : rénover des équipements vieillissants, développer la pratique du basket 3×3 et mieux répartir les installations sportives sur le territoire marseillais.
Selon les informations publiées par Made in Marseille, 25 terrains de basket 3×3 répartis dans sept arrondissements ont déjà été rénovés.
Parmi les réalisations figurent notamment les terrains de Rose-Bégude dans le 13e arrondissement, où un ancien terrain de tennis vétuste a laissé place à quatre terrains 3×3. Le site a été homologué en mars 2025.
Deux terrains ont également été créés à Jean Bouin.
Ces réalisations s’inscrivent dans une première phase représentant 1,2 million d’euros d’investissement, avec une participation de la Ville de Marseille à hauteur de 360 000 euros et le soutien de la FFBB, de l’Agence nationale du sport et de la Caisse d’Épargne CEPAC.
Et le développement des playgrounds marseillais n’est pas terminé.
Une nouvelle phase du programme doit débuter au premier trimestre 2027, avec plusieurs sites concernés :
- 4 terrains à Montrose (8e)
- 4 terrains au complexe sportif Vallier (4e)
- 2 terrains au complexe sportif Forbin / Saint-Marcel (11e)
- 2 terrains sur le site Ruissatel (11e)
Cette nouvelle étape doit permettre de poursuivre le maillage du territoire et d’apporter de nouveaux espaces de pratique, notamment dans des secteurs moins équipés.
Une évolution forcément positive pour le basket marseillais et particulièrement pour le 3×3, discipline qui nécessite finalement peu d’infrastructures pour pouvoir être pratiquée.
Mais disposer d’un terrain ne suffit pas. Encore faut-il pouvoir y entrer.
C’est probablement le principal point à nuancer lorsque l’on parle du développement de la pratique libre à Marseille.
La communication autour du plan Playground met régulièrement en avant la notion d’accès libre. Dans les faits, tous les nouveaux terrains ne répondent pas exactement à cette définition.
Plusieurs d’entre eux sont installés à l’intérieur de complexes sportifs municipaux dont l’ouverture dépend de la présence des agents de la Ville.
C’est notamment le cas à la Rose-Bégude, à la Rosière ou encore à l’Hermitage.
Lorsque les complexes sont ouverts, les pratiquants peuvent profiter de ces installations selon les conditions d’accès du site. Mais lorsque le gardien ou les agents sont absents et que les portes du complexe restent fermées, les terrains deviennent tout simplement inaccessibles.
La différence est importante.
Un véritable playground en accès libre devrait pouvoir permettre à un jeune de prendre son ballon et venir jouer spontanément, sans avoir à se demander si le complexe sportif sera ouvert.
La situation s’est particulièrement fait ressentir pendant les vacances d’été.
Alors que cette période est justement propice au basket extérieur et que les jeunes disposent de davantage de temps libre, certains complexes sont restés fermés pendant les congés des agents municipaux.
Conséquence assez paradoxale : des terrains récemment rénovés et pensés notamment pour développer la pratique libre sont restés vides alors que des basketteurs auraient pu les utiliser.
Le problème n’est donc pas la qualité des infrastructures.
Les nouveaux terrains représentent au contraire une véritable amélioration de l’offre sportive marseillaise. Mais leur implantation au sein de complexes fermés pose la question de leur disponibilité réelle en dehors des horaires habituels de fonctionnement.
La poursuite du plan Playground constitue une bonne nouvelle.
Rénover des terrains dégradés, transformer certains espaces inutilisés et permettre au 3×3 de se développer dans plusieurs quartiers répond à un véritable besoin.
La Ville explique d’ailleurs vouloir utiliser ce programme pour mieux répartir les équipements sportifs sur le territoire. Marseille compte aujourd’hui 19 clubs affiliés à la FFBB et 2 779 licenciés selon les chiffres communiqués à Made in Marseille.

Mais la prochaine étape pourrait désormais être de réfléchir non seulement au nombre et à la qualité des terrains, mais également à leur amplitude d’ouverture.
Car un terrain parfaitement rénové mais inaccessible le soir, certains week-ends ou pendant plusieurs semaines durant l’été perd forcément une partie de l’intérêt d’un équipement destiné à la pratique libre.
Pour ceux qui souhaitent trouver un terrain près de chez eux, les différents playgrounds marseillais sont également répertoriés sur Sud Playgrounds.
Le site permet de localiser les terrains de basketball extérieur de la ville et d’identifier plus facilement les playgrounds disponibles selon les quartiers.
Un outil particulièrement pratique pour découvrir de nouveaux spots, même si, comme évoqué précédemment, la présence d’un terrain référencé ne signifie pas nécessairement qu’il soit accessible à toute heure, notamment lorsqu’il se situe à l’intérieur d’un complexe sportif municipal.
Retrouvez les playgrounds de Marseille sur sudplaygrounds.com
L’autre enjeu concerne la philosophie même du 3×3.
Les complexes municipaux accueillent naturellement les associations et les clubs, et certains créneaux des nouveaux terrains leur sont d’ailleurs réservés.
Mais le playground doit aussi pouvoir toucher ceux qui ne poussent jamais la porte d’un club.
Le jeune du quartier qui vient jouer avec ses amis. Le licencié qui veut travailler son tir pendant les vacances. Les joueurs qui organisent spontanément quelques matchs un soir d’été.

C’est aussi de cette pratique informelle que peut naître une véritable culture du playground à Marseille.
Et dans une ville au climat particulièrement favorable à la pratique extérieure pendant une grande partie de l’année, le potentiel est évident.
Le bilan du plan Playground ne doit donc pas être résumé à une critique.
25 terrains rénovés, de nouveaux équipements de qualité et une nouvelle phase déjà programmée : Marseille investit réellement dans le développement du basket 3×3.
C’est une évolution que Marseille Basketball TV ne peut que regarder avec intérêt.
Mais la réussite du programme se mesurera aussi à l’utilisation quotidienne de ces équipements.

La prochaine réflexion pourrait donc être simple : comment garantir une véritable accessibilité aux playgrounds lorsque ceux-ci se trouvent à l’intérieur d’enceintes sportives municipales ?
Car pour développer la pratique libre, construire et rénover les terrains représente une première étape.
Faire en sorte qu’ils soient réellement accessibles aux Marseillais en est une autre.

