Quelques jours après sa nomination à la tête de Marseille Basketball, Miroslav « Miša » Dobričan a accordé sa première interview à Marseille Basketball TV. De son parcours atypique entre la Serbie, le Qatar et la France à son ambition pour le nouveau projet marseillais, le technicien de 45 ans revient sur son histoire et affiche déjà la couleur : la montée est l’unique objectif.
« Le basket, c’est ma vie. Si je perds cette passion, j’arrêterai d’entraîner. »
Anthony Ravera : Pour ceux qui ne te connaissent pas encore, peux-tu te présenter ?
Miroslav Dobričan : Je m’appelle Miroslav Dobričan, mais tout le monde m’appelle “Miša”. C’est mon surnom depuis toujours. Je suis un ancien joueur devenu entraîneur. J’ai fait beaucoup de choses dans ma vie, mais le basket est resté ma passion. C’est ce qui m’anime au quotidien.
Ton parcours est assez atypique. Comment est-il construit ?
J’ai commencé à entraîner très jeune, alors que j’étais encore joueur. En Serbie, il n’y a pas de catégorie U21 comme en France : à 18 ans, on passe directement chez les seniors. J’entraînais déjà des équipes de jeunes qui jouaient ensuite avec moi en équipe première.
À un moment, la situation économique m’a obligé à arrêter ma carrière de joueur. Je suis parti travailler comme steward chez Qatar Airways. Mais même à cette période, je n’ai jamais arrêté le basket.
Grâce à une rencontre avec un entraîneur serbe installé au Qatar, j’ai pu intégrer la fédération qatarienne. J’y ai dirigé la sélection nationale U16 avant de devenir entraîneur d’une équipe professionnelle pendant deux saisons.
En 2014, je suis arrivé en France, où je poursuis depuis mon parcours d’entraîneur.
Tu quittes aujourd’hui le centre de formation de Fos Provence Basket après trois saisons. Que retiens-tu de cette expérience ?
C’est une expérience exceptionnelle. Je suis encore en contact avec beaucoup de joueurs que j’ai entraînés pendant ces trois années.
Ce qui me rend le plus fier, c’est de les voir progresser et atteindre le niveau professionnel. Quand on passe autant de temps avec eux, qu’on partage les entraînements, les déplacements, les difficultés, les voir réussir est une immense satisfaction. C’est la récompense du travail accompli.

« Je n’ai pas d’autre option dans ma tête : on doit monter. »
Comment définirais-tu ta manière de coacher ?
Je suis quelqu’un d’exigeant. Ce n’est pas toujours facile de travailler avec moi.
Pendant les entraînements ou les matchs, je peux être très dur avec mes joueurs. Mais tout ce qui se passe sur le terrain reste sur le terrain. En dehors, c’est complètement différent.
Je pense surtout être sincère avec mes joueurs. Je leur dis toujours les choses honnêtement.
Pourquoi avoir choisi le projet Marseille Basketball ?
Parce que je crois au projet.
Mon parcours en France n’a pas toujours été simple, mais aujourd’hui j’arrive dans un club qui affiche clairement ses ambitions.
Je n’ai qu’une seule idée en tête : monter. Si nous sommes promus dès cette saison, il faudra continuer à avancer. Je n’ai pas d’autre option dans ma tête.
Tu sembles impatient de commencer…
Oui, énormément.
Chaque fois que je vais dans une salle, que ce soit pour jouer ou entraîner, je ressens la même excitation qu’au premier jour.
Même aujourd’hui, malgré mes anciennes blessures, le plaisir est toujours le même. Tant que je ressentirai cette passion, je continuerai à entraîner.
Le jour où cette flamme disparaîtra, il sera temps pour moi d’arrêter.
Propos recueillis par Anthony Ravera
Crédit Photo : La Provence.com

