Il connaît les couloirs, les vestiaires, le parquet et probablement une bonne partie des visages qui seront présents dans les tribunes.
Samedi soir, lorsque Geoffrey Souchon entrera au complexe Raymond-Martin, il n’aura pourtant pas besoin de chercher le chemin.
Il y a quasiment grandi.
Mais pour la première fois, ou presque, il y reviendra comme adversaire de l’Olympique Cabriès Calas.
À l’occasion des huitièmes de finale de la Coupe du Sud, Souchon dirigera la PNM de Vitrolles Sport Basket face au club qui a accompagné presque toute sa vie de basketteur.
Une rencontre particulière, forcément.
Pas parce qu’il faudrait absolument chercher une revanche ou transformer l’histoire en règlement de comptes. Mais parce que derrière ce simple Calas – Vitrolles, il y a plus de vingt ans de basket qui vont se retrouver samedi soir au même endroit.
L’histoire entre Geoffrey Souchon et Cabriès Calas remonte à loin.
Très loin même.
Son historique de licences fait apparaître une première saison à l’OCC dès 2000-2001.
Il y grandit comme joueur, traverse les catégories jeunes et accompagne ensuite l’évolution sportive du club jusqu’au niveau senior.
Son parcours connaît quelques parenthèses en dehors de Raymond-Martin.
À la fin de sa formation, il passe notamment par Venelles, puis rejoint le Pays d’Aix Basket, où il évolue plusieurs saisons dans les catégories jeunes, notamment en U20, dans un contexte de championnat de France.
Mais Calas reste le fil rouge.
Souchon revient ensuite au club et s’y installe durablement.
Année après année, saison après saison, le joueur accompagne les différentes étapes du projet calassien.
Avec Calas, Geoffrey Souchon ne s’est pas contenté de faire partie du décor.
Il a connu la progression sportive du club et gravi les échelons avec l’OCC jusqu’à la Nationale 3.
Le basket senior, les montées, les descentes, les changements d’effectif, les générations qui passent…
Pendant toutes ces années, son nom reste associé au club.
Et progressivement, une autre trajectoire commence parallèlement à se dessiner : celle du coaching.
Car avant même de prendre une équipe senior, Souchon entraîne déjà les jeunes du club. Des catégories de formation jusqu’aux U21, il découvre progressivement l’autre côté du jeu.
Celui où l’on ne doit plus seulement exécuter.
Il faut décider.
La saison dernière marque alors un véritable tournant.
Après plus de vingt ans avec un ballon dans les mains, Geoffrey Souchon décide de mettre sa carrière de joueur entre parenthèses.
La raison est directement liée à son club de toujours.
L’OCC lui confie les commandes de son équipe première en PNM.
Pour celui qui avait jusque-là principalement travaillé avec des jeunes, il s’agit de sa première expérience à la tête d’une équipe senior.
Le symbole est fort.
Après avoir grandi à Calas, joué pour Calas et participé à l’histoire sportive de Calas, le voilà responsable de l’équipe fanion.
Mais les histoires sportives suivent rarement exactement le scénario imaginé.

Les résultats ne répondent pas aux attentes du club.
Au cours de la saison, la direction décide finalement d’écarter Geoffrey Souchon du coaching de l’équipe première.
Une décision forcément difficile lorsque l’on parle d’un club dans lequel on a passé une grande partie de sa vie sportive.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là.
Et c’est probablement ce qui rend le rendez-vous de samedi beaucoup plus intéressant qu’un simple récit de retrouvailles.
Quelques mois plus tard, Geoffrey Souchon est toujours sur un banc.
Seulement, le survêtement a changé.
À l’été 2026, Souchon rejoint Vitrolles Sport Basket et prend les commandes de son équipe de PNM.
Une nouvelle aventure qui lui permet de poursuivre cette transition vers le coaching senior.
Et après quatre journées de championnat, son équipe a plutôt bien lancé sa saison.
Vitrolles affiche trois victoires pour une seule défaite, avec 352 points inscrits pour 275 encaissés. Le club occupe actuellement la deuxième place de sa poule derrière le GSEM Nice.
Une dynamique qui contraste forcément avec la fin compliquée de son expérience précédente.
Mais samedi, les chiffres et le classement passeront probablement quelques heures au second plan.
Parce que le tirage de la Coupe du Sud lui a réservé une destination qu’il connaît particulièrement bien.
Cabriès-Calas.
Et Geoffrey Souchon ne sera pas le seul Vitrollais à connaître Raymond-Martin.
L’effectif vitrollais possède également plusieurs liens récents avec l’OCC.
Le meneur Yacine Khamri portait encore les couleurs de Calas la saison dernière.
Même chose pour le jeune intérieur Adrien Husson, désormais lui aussi intégré au projet vitrollais.


Samedi, une petite partie du vestiaire visiteur aura donc des souvenirs très récents du parquet sur lequel elle évoluera.
Cela ajoute forcément une saveur particulière à ce derby.
Des anciens coéquipiers vont se retrouver adversaires.
Des joueurs qui partageaient le même vestiaire il y a quelques mois défendront désormais deux maillots différents.
Et au milieu de tout cela, un entraîneur qui connaît probablement mieux que beaucoup d’autres l’environnement dans lequel son équipe va entrer.
C’est souvent dans les petits détails que se mesure le changement.
Pendant des années, Raymond-Martin était son gymnase.
Samedi, Geoffrey Souchon arrivera avec le groupe adverse.
Il préparera son match pour battre l’OCC.
Il donnera ses consignes à des joueurs de Vitrolles.
Et lorsque la rencontre commencera, il prendra place sur le banc d’en face.
Sportivement, Vitrolles arrivera avec le statut de favori en raison de sa division supérieure et de son excellent début de championnat.
Calas, pensionnaire de RM2, bénéficiera néanmoins des sept points de handicap prévus par le règlement de la Coupe du Sud.
Un avantage qui pourrait rapidement transformer le derby en véritable match piège.
Mais pour Souchon, l’enjeu dépassera forcément un peu le simple tableau de la Coupe.
La tentation serait facile de présenter cette rencontre comme une revanche.
Le coach écarté qui revient quelques mois plus tard pour défier son ancien club.
L’histoire pourrait presque s’écrire toute seule.
Mais elle serait probablement trop simple.
Parce qu’avant l’épisode de la saison dernière, il y a surtout plus de vingt ans d’histoire entre Geoffrey Souchon et Cabriès Calas.
Un parcours de joueur.
Des catégories jeunes.
Des saisons seniors.
Des montées.
La Nationale 3.
Puis le coaching.
Un passage compliqué n’efface pas tout ce qui précède.
Samedi soir représente plutôt une nouvelle étape.
La preuve qu’une carrière sportive peut changer de forme sans réellement s’arrêter.
Le joueur est devenu entraîneur.
Le coach de Calas est devenu celui de Vitrolles.
Et le gymnase qui a longtemps été sa maison deviendra, le temps d’une soirée, le terrain de l’adversaire.
Au coup d’envoi, il faudra évidemment mettre l’histoire de côté.
Calas tentera de créer l’exploit face à l’une des équipes en forme de PNM et de poursuivre son aventure en Coupe du Sud.
Vitrolles voudra assumer son statut et valider sa qualification.
Mais avant que le ballon ne soit lancé, il y aura probablement quelques poignées de main, quelques sourires et beaucoup de visages familiers.
Puis chacun reprendra sa place.
O Cabriès Calas d’un côté.
Vitrolles de l’autre.
Et Geoffrey Souchon au milieu d’un endroit qu’il connaît depuis plus de vingt ans.
Samedi, il reviendra à Raymond-Martin.
Chez lui, quelque part. Mais cette fois, sous de nouvelles couleurs.

