Article mis à jour le 28/04/2026 à 11:49
Le tournoi de la Grande Laverie, rendez-vous bien connu du basket jeunes, se retrouve au cœur d’une polémique à quelques semaines de son lancement.
En cause : une vague d’appels au boycott lancée sur TikTok par le compte @y2ms_officiel, qui se présente comme “le joueur le plus shifty de Marseille”.
Dans une vidéo devenue virale dans le microcosme basket marseillais, le créateur critique plusieurs points :
- le changement de lieu, passant du Palais des Sports au Stade Vallier
- des tarifs jugés trop élevés
- un manque de prestations selon lui (pas de logement, nourriture ou cash prize inclus dans certaines formules)
Le montant de 600€ pour l’inscription seule est notamment pointé du doigt, certains allant jusqu’à évoquer un tournoi à “3000€” dans les discussions.
Dans la foulée, plusieurs groupes intitulés “Boycotte La Grande Laverie” auraient vu le jour, réunissant selon nos informations plus de 200 joueurs et joueuses. Des comptes influents du basket français comme Courtcuts ou Hoopsider y seraient également présents.
Face à ces critiques, l’organisation de la Grande Laverie a rapidement répondu publiquement.
Dans un commentaire sous la vidéo, le compte officiel explique :
“600€ équipe, il y a la nourriture les équipements et les media. Un maillot coûte 45€ tête en moyenne. Faites le calcul.”
Les organisateurs détaillent également les coûts des formules complètes :
- environ 2400€ d’hébergement pour 12 personnes sur 5 nuits
- auxquels s’ajoutent nourriture, équipements et prestations autour du tournoi
Ils insistent aussi sur un format revu avec davantage de matchs et rappellent leur volonté de rester “au service des joueurs”.
Enfin, ils se disent ouverts au dialogue :
“Vous pouvez ne pas y participer mais le boycotter ne serait pas la solution. Je suis ouvert aux propositions, c’est votre tournoi.”
Contrairement à certaines idées relayées, plusieurs formules sont proposées selon les besoins des équipes.
- Formule complète : 3500€ / équipe
- Engagement + logement : 3000€
- Engagement + nourriture : 1500€
- Engagement seul : 600€
- Formule complète : 3000€
- Engagement + hébergement : 2000€
- Engagement + nourriture : 1500€
- Engagement seul : 600€
- U15 : 500€ (engagement) / 1800€ (formule complète)
- U13 mixte : 400€ (repas + engagement inclus)
Chaque équipe est composée d’un minimum de 8 joueurs + 2 coachs.
À noter que la formule “engagement seul” (600€) correspond à environ 60€ par joueur, soit une base tarifaire similaire à celle de l’édition précédente.
Selon un organisateur avec qui nous avons échangé, la situation mérite d’être nuancée.
Il affirme que :
- la majorité des équipes participantes ne sont pas marseillaises
- une grande partie des joueurs présents dans les groupes de boycott ne participaient déjà pas au tournoi à la base
Un élément qui pose la question de l’impact réel de ce mouvement sur l’événement.
Cette polémique met en lumière un point central :
le décalage entre la perception des joueurs locaux et la réalité économique d’un tournoi structuré.
D’un côté, certains dénoncent un événement devenu trop coûteux et moins accessible.
De l’autre, l’organisation défend un modèle incluant encadrement, logistique et prestations sur plusieurs jours.
À ce stade, aucune décision officielle de boycott massif n’a été confirmée. Mais le débat est bien installé dans la communauté basket marseillaise.
Reste à savoir si un terrain d’entente pourra être trouvé entre joueurs et organisateurs… ou si cette édition se déroulera dans un climat plus tendu que les années précédentes.
Si les tarifs globaux peuvent susciter des réactions, la formule d’engagement seule reste, elle, dans la continuité des éditions précédentes.
Suite à la publication de cet article, l’organisation de la Grande Laverie nous a apporté des précisions complémentaires sur le modèle économique du tournoi et les choix d’organisation.
Les organisateurs expliquent que le Palais des Sports, bien qu’équipement municipal, n’est pas mis à disposition gratuitement.
Le coût d’exploitation pour un week-end avec accueil du public est estimé à environ 15 000€ (location + sécurité).
Dans le même temps, les entrées sont gratuites et l’organisation ne bénéficie pas de revenus liés à la buvette, ce qui représente selon eux une opération à perte importante.
Ce contexte aurait motivé le choix de ne pas reconduire ce site pour l’édition actuelle.
L’organisation affirme que les tournois sur plusieurs jours proposant des prestations similaires (hébergement, restauration, équipements, encadrement, communication, animations) se situent généralement autour de 3000€ par équipe, soit environ 300€ par joueur.
Elle invite les joueurs à se renseigner et comparer avec d’autres événements existants.
Plusieurs tournois souvent cités dans les discussions ne fonctionneraient pas sur les mêmes modèles :
– Certains événements élites sur invitation, organisés sur une seule journée et sponsorisés (ex : tournois partenaires de grandes marques), ne proposent ni hébergement ni format équivalent.
– D’autres tournois majeurs en France (type 44 We Ball, Hoops Summit, Toulouse Ri, BOYC) reposent majoritairement sur un engagement seul, les équipes devant gérer elles-mêmes leur logement et leur restauration.
– Selon les organisateurs, peu d’événements combinent aujourd’hui logement + nourriture + équipement + organisation complète sur plusieurs jours.
L’organisation insiste sur sa volonté de proposer une expérience complète tout en maintenant les coûts “le plus bas possible”.
Elle indique également avoir déjà fait preuve de flexibilité par le passé en accompagnant certaines équipes rencontrant des difficultés de paiement.
Enfin, elle souligne que la majorité des équipes participantes proviennent de l’extérieur de Marseille et qu’aucune plainte majeure n’aurait été remontée de leur part à ce jour.
Dans ce contexte, ils défendent l’importance de maintenir une compétition structurée à Marseille.
Les organisateurs rappellent également une tendance plus globale :
– certains tournois emblématiques n’ont pas atteint leur quota d’équipes ou ont été annulés ces dernières années
– le nombre d’événements de ce type tendrait à diminuer en France

